mercredi 23 août 2017

Dies irae, et oiseaux dans le ciel.


Comme un jour de colère, comme pour préparer une vengeance, il tire un fil, un fil et ne connait plus rien, ni ciel bleu, ni mésanges, oiseaux envolés et tous revenus, un jour pour croire et pour entendre, ils sont aperçus, ils sont grands et en toute colère et tout mensonge : le ciel bleu, l’herbe verte.

Il faut entendre le bruit du panier au sol, la peau chauffe, au ciel levée, il est grand et hardi, comme une rumeur, comme une herbe verte, le sol est noir sous le feu, il a dépassé la mesure, il a éreinté le ciel pur, il est tourné et de force vive, encore.

Au ciel, emmêlés, aux ardeurs, étonnés, il se tourne et tout échappe, la vie est incompréhensible, il se plaint, il se noie, il agite les bras en l’air, ils ont dit : le monde est à ceux qui se lèvent, et tôt et fort et au ciel bleu. Il se commence, il chemine les mains jointes, défigurées sur le papier, il se frotte et recommence, ils sont enfin revenus, ils tournent toujours.

Comme un jour d’apaisement, le panier au sol, la peau chauffée au ciel, oiseaux reposés, moment dégrafé, un jour pour croire et pour entendre.

18 Avril 2013.

lundi 21 août 2017

Le diable a visité.


Oh, comme le diable en visite, il passe et tu t’absentes, cœur volé, genou plié, effort et conscience dans la nuit profonde, sur le flanc et dans le sable, je te vois et j’entends, je tiens et tu fermes, je te tiens et tu te fermes, diable en visite, sommeil venu et rire déployé, tout ici plonge et recommence.

Genou plié, peur à la volée, on entend et on espère, une évidence, démon caché, tout à la montagne pour y entendre le sermon, le sermon, heureux les heureux et pauvres pauvres, esprit tordu et tête pleine, tout au ciel s’immobilise, le temps souffle, tout suspendu et raisons tout au bout du cœur.

Souffle perdu et poitrine creuse, yeux tracés, joues fermées et chevelure ravagée, tout tenu, tout tendu, tout donné du plus haut vers la dérive, mains posées, cœur enfoncé, je te chante et je crie au loin, au loin, à la face et tout à la force, je crie et chante, où est le sens, sont-ils tout en présence. 

Tout en volonté, diable en visite et cœur ensanglanté, il passe et tu es absent, tout lavé, tout semé, tout perdu, et la jambe et le pied, tout au bout des étincelles, je te tiens et je vois, cœur déplacé, on se souvient et tout ici est une habitude, la joie et le malheur, les yeux ouverts, corps perdu et abandonné.

Temps tout en abrègement, tout serré, tenu près et bien, du tout au tout, du tiers au quart, en évidence, en évidence, le temps s’envole, je te vois, je te veux, tu soutiens pilier une église bien modeste, diable en visite et cœur léger, je te suis et tu me regardes, tout au tout est  soutien et avènement. 

Clôture, je gagne et je suis seul et seul celui qui avance et qui tient, diable en visite et pied serré, cœur oublié, je regarde et tu te tiens, fenêtre obscure, pied serré et joue creuse, du bien, de l’avance et une chose encore, oh comme tout ce tout tient, et tout encore te retient, je te donne et tu me reprends.

J’entends et je tourne, figure dévastée, cœur permis et corps pesant tout est dévasté, tout est composé, toute conquête est tenue, soleil ployé, cœur ému, je cercle et tu contiens, une fosse et un sanglot, silence retrouvé, diable en visite, tu portes un lot de mépris, et de peur à oublier, un soleil rentré.

Côtes tenues, je suis, je suis, j’en suis encore, encore, tout étourdi et rendu au grand âge, le diable a visité et je crie et j’implore, où sont les souvenirs, où sont les choses tues, je te chante et je crie au loin, au loin à la face et à la force, je te retiens et je te vois, diable en visite, soleil fermé tout est tenu.

Oh, maintenant est près le sacrifice. 

30 Juillet 2016.

dimanche 20 août 2017

Il y a, Idoménée, ils sont.

Au fond, au fond, à la croisée des eaux et de la terre, des nuages et des brins, et pour toujours le ciel bleu et l’herbe verte, ensemble accomplis, rendus et serrés, fort, il tremble et il y pense et sur le moment dit un mot seul et puis autres paroles, ô, le reste vient à peine, à la plus grande gloire.

Un confins de nuages et d’herbe, une vie portée sans peines sur le sol, une offre et des sourires pour oublier, il y a, ils sont, tout en avance sur ce chemin de brins d’herbe et de traces, animaux vous vaquez et tout autour, il y a, ils sont, placés sur le côté, en avant des rayures et de la terre.

Et de la boue et des herbes arrachées sur ce devant, cet endroit, ce pays, simplement, il y a, ils sont, rencontres d’herbes et de nuages, pour l’avenir, pour entendre, pour comprendre et plus encore, quand même dire et dire, les nuages et les herbes, en ce lieu, cette place, en assemblée.

Air, terre, tout au tout et au fond, ce nuage, cette herbe en toute certitude, tout à fouler, tout à salir, les regrets, les humeurs et la rancune accrochée, ensemble tout tirer, tout contraindre, tout arracher, un saccage, une affaire de limites, ils sont chez moi et chez eux je dérobe les nuages.

Et les herbes, animaux vous vaquez et toujours, sur ce devant, dans ces arrières, en rayures et amas de terre, sous le pas, des cailloux et dans le cœur, un mer d’amertume, de frimas, de brumes et de gel, sur le cœur, dans la main, et je croyais que tu étais mort, et oui, c’est bien cela et je pense.

Vraiment tout serait dit et je serais ici et là, heureux, un linceul sur cette terre et des nuages sur cet autel, sorti de l’onde je respire une mer funeste et j’admire et j’attends, lisez, lisez, cette histoire, le premier, il faut, il faut, et le combat et le sacrifice et tout autant et tout avant ce premier.

Sans ce dernier, ce retrouvé, cette histoire lente et ancienne, il faut accomplir chaque geste, et bousculer et relancer la vengeance, l’effroi, sur cet  endroit, sorti de la terre et des nuages, j’ai une tempête dans le cœur et un air de courage, une envie de saccage et d’abandon, un mélange de brume.

Et d’herbe, toute sérénité, fuir toute grâce, toute légèreté, il reste une mer d’amertume, dans le corps, dans le cœur, et oui, il était mort et oui, ces enfants deviendront des idiots, et oui, tout se rapproche, la vie, la mort et l’amertume, les eaux et la terre, les nuages et les brins, ô, le reste.

Viennent avec peine et pour toujours, il y a, ils sont, le ciel et l’herbe.

19 Août 2014.

samedi 19 août 2017

Et de sable, remblayons.


Et, à corriger, corrigeons les paroles pour le fou sur le sable, et de sable, remblayons, nous remblaierons.
1.
Le fou sur le sable a bâti sa maison, et le fou sur le sable a bâti sa maison, enfin et aussi, le fou sur le sable a bâti sa maison, et la tempête arrivera et la tempête arriva. Le vent souffla et la pluie tomba, encore le vent souffla et la pluie tomba, encore et encore, ici, aussi, le vent souffla et la pluie tomba, et la maison s’écroulera et sûrement, ici, la maison s’écroula.

Remblayons, le sable du désert, et des Étoiles et de la Lune, dessous, de grands et de petits animaux de troupeau, dessus, nous sommes, nous y sommes, et au sommeil, nous sommes.

2.
Le sage sur le roc a bâti sa maison, pour, sur, le sage sur le roc a bâti sa maison, enfin, encore et sûrement, le sage sur le roc a bâti sa maison, et la tempête arrivera et du sommeil, la tempête arriva. Le vent souffla et la pluie tomba, hors ici aussi, le vent souffla et la pluie tomba, hors et sur, le vent souffla et la pluie tomba, ainsi, aussi, sûrement, ici, et la maison résistera, et la maison résista.

Et, à la Nuit, étendus, attendus sous le Ciel, attendons, la Lumière des Étoiles, le reflet de la Lune, au sable étendus, au sable posé, reflet de reflet, miroirs posés au sable soyons, et remblayons.

3.
Enfant, sur qui, viens bâtir ta maison, sur qui, enfant, sûr, et sur qui viens bâtir ta maison, enfant, de sûr et sur, qui viens bâtir ta maison, et la tempête arrivera. Le vent soufflera et la pluie tombera, ainsi, aussi, ici, sur qui, d’ici, le vent soufflera et la pluie tombera, comme pour dire, et redire, le vent soufflera et la pluie tombera, et la maison résistera.

Remblayons, le sable du désert, et des Étoiles et de la Lune, dessous, de grands et de petits animaux de troupeau, dessus, nous sommes, nous y sommes, et au sommeil, nous sommes. Et, à la Nuit, étendus, attendus sous le Ciel, sur qui, attendons, la Lumière des Étoiles, le reflet de la Lune, au sable étendus, au sable posé, reflet de reflet, sur qui, miroirs posés au sable soyons, et remblayons.

Remblayons, de sable du désert, et d’Étoiles et de Lune, dessous, grands et petits animaux de troupeau, dessus, nous sommes, nous y sommes, et du sommeil nous sommes. Et, à la Nuit, étendus, attendus sous le Ciel, attendons, la Lumière des Étoiles, le reflet de la Lune, au sable étendus, au sable posé, reflet de reflet, miroirs posés au sable soyons, nous remblaierons, remblayons. 

19 Août 2017.

Lettres d’exil, Werther.


I

Je nous écris, petite chambre, terrain partagé, cœur éloigné, seul, seulement partagé, assis, table, travail repris, et sans cesse songeant. Qui dit ta place, cœur occupé aujourd’hui, et nuit encore, depuis que, depuis que, depuis, malgré moi, lassé et cassé, travail tombé, cœur débordé, lent, lentement

levé, attiré, cœur secret, temps ouvert.

II

Lettres, lettres exilées, à lire et relire, charme et tristesse, plaisir abandonné, je dois détruire, tout revient, la table, les yeux fixés, lettres à lire, lisant, je vous écris de cette petite chambre: ciel pesé, comme un cercueil qui tombe, lourd madrier, toit éclaté,

charpente, vermine tu ronges, je te cherche et je te vois, ensanglanté, perdu, cœur outragé, au suaire, seul, seulement, seul, exil et isolement.

III

Après un temps, une autre lettre et ouverte, lisant, des cris joyeux d’enfants sous la fenêtre, des cris d’enfants, je pense au temps, les petits jouaient-ils,

oublient-ils peut-être, cessant de lire, non, l‘image est vivante, revenez, mais, oh, revenir,  lettres de glace et d’épouvante, lisant, on dit Noël, et jamais, et connaître une vérité et répondre encore et toujours.

IV

Qui est là, qui est d’ici, disparu de toi, absent de toi, pleure-moi, répétant avec effroi, craignant

de comprendre, ne m’accuse pas, pleure-moi, lire, lecture, oui, lisant, de ces yeux pleins de charmes, ces lignes, oui  relisant, mouillé de larmes, ô, et tu frémiras, sans lire, tu frémiras, tu frémiras.

V

Je ne fais rien, je te regarde et je vois et je pense et je dis : ressource pleine et volonté, et totalement,

et sûrement tout en précision, je regarde et je compte, je pèse et tout au poids de chair, tout à la rente, et tout au panier, tête tombée, cœur déchiré, ici loin et ici près, encore sans armes, sans bannières, attendre et se confondre au ciel souverain, à la clarté, aux anges.

VI

Noël est passé, tout avance

et tout est à rompre, les pactes et les lois, tu aimes et tu te désespères, champ partagé, terrain meurtri, pays perdu, tu envisages et tu reçois et tout encore tout du ciel te condamne, les arbres, les vallons, front dépouillé et cœur absent depuis qu’il est parti, malgré moi, tout me lasse, ouvrage tombé.

25 Juillet 2016.

vendredi 18 août 2017

Nessus.

Il chante sur le roseau, il conte aux cœurs amis la joie et son absence, il se défigure de silence, il détonne sous les nuages, il chante pour eux tous, il siffle sa lucidité, il est frémissant et sauvage et sirène et babillage. Il a perdu à son larynx le reste de la nuance, le dire, le faire, la tendre volonté, le grain poli, l’âme lavée. 

Le front tendu d’ignorance et de calme, il empile un son plus tous les autres et sa colonne monte haut, trop, si haut, il est fidèle et torturé, il est engorgé et candide, il sème partout sa déraison solitaire, son charme absolu, sa vigueur, son impatience, il file les perles une après l’autre, elles sortent de la tête du crapaud, des grenouilles.

Ils se sont croisés sous la lune, dans le recoin au bord de l’eau, quand le ciel plonge dans les nuages, quand tout est content, tout se tient, tout nage et frémit et se cambre, il est une décision sûre, une ingratitude, une aspiration, il se mélange, il siffle fort, il est tendu, d’un son aigu à l’autre, un arbre, du poids de vent sur l’horizon

de plumes en cadence, de l’espoir, du sel, du tact et de la fantaisie, il est parti, il reviendra, il passe et repasse, le temps est court, le temps est long, il est une merveille à dire, chaque pas le rapproche de l’histoire, le calme, le réconforte, il sort à peine, il rentre vite, il est tendu et il fuit les ténèbres, il est divers et il se varie, quand même,

les oiseaux vont tomber du nid, il en ramasse, il les dépose sur une feuille, un bord de toit, un pan de mur, le tour est bienvenu, il faut trouer sa voix et chanter dans le vide, l’oiseau s’envole, il est sauvé, il fuit les ténèbres, il reviendra, il reviendra, il a fait naitre des papillons, il a vu des choses étranges, des chiens errants, des enfants perdus,

du temps passé et il n’a rien fait, il n’a rien pris, il martèle, il se blesse aux ronces, aux cailloux, il améliore son passage, il est frémissant et tendu, il contait aux autres son cœur, son absence, des retours, des fuites, de la recherche, du carnage, il est en résurrection, il est tendu et frémissant, il épuise son souffle, son pas, ses muscles,

il cherche, il trouvera peut être avant le tard, avant le rien, avant le vide, il est parfois vain et léger, il est tendu et frémissant, il ne fait rien de bon, il améliore son rythme, sa pensée, ses doigts perdus dans les broussailles, ses pieds griffés aux ronces, mures sauvages vous passez, vous passerez, vous poserez une tache noire sur l’ongle,

sur la langue, les dents, il chante comme un enfant malade pour se joindre aux âmes égarées, aux terreurs oubliées, sa déraison est solitaire, il se cherche et il suit le temps, le chemin sec dans les roseaux, il est tendu et frémissant, il est obstiné, il se livre, il a rendu son tablier, son temps, ses graines, il transporte au cœur les oiseaux,

il imite, il siffle, il souffle, il est perdu et sans raison, il en porterai une tunique de poison et de feu, centaure immolé, il chante comme les oiseaux, il est venu, il est cambré, il est tendu et frémissant, comme un oiseau il chante, il est fourbu et il hoquète : finissons la phrase dans le souffle avant que le ventre posé ne saisisse le dernier râle,

les oiseaux chantent sans air, sans souffle et lui cheval humain, il est fourbu il ploierai presque sous son fardeau, il est nu dans les roseaux, il a arraché la tunique, il est perdu, tendu, frémissant, Nessus, Nessus tu redeviens ou homme ou cheval jamais oiseau, jamais oiseau, le poison mord tes flancs, tu es battu, tu es perdant, 

les oiseaux se concertent, tu passes sous les roseaux, tu cherches l’ombre fraîche. 
                                                            
30 Juillet 2010.

jeudi 17 août 2017

Attila.


On ira, on ira, et peut-être plus encore, on ira où le temps déteste les ombres, les procès, la chaleur suspendue, le tout est hésitant, et encore plus accable, on ferme, on porte, on se tient et tout dans le désordre, les paniers, les abris, le vent dans les branches, des paniers aux abris et pleins, 

et plein tout est, tout se transforme, l’horizon, la chance, la compassion, la marche vers, vers les tragédies, paysages tragiques, herbes foulées et insectes, ils mordent et on attaque, les mains, les pieds, un univers, une saison, le froid, la soif et plus rien au devant, on hésite, on ira, on ira, dans 

l’ombre, dans le sens, le vent tourne et tout devient une chance, paniers remplis, œil écarté, nom oublié, cœur arraché, tout cela tourne et hésite, on ira pour affirmer et pour construire, une pierre sur l’autre et au-dedans, dans, dans, des heures, du sommeil, des pas oubliés, des évidences 

entassées, une histoire pour l’autre, une vision, le paysage est tragique, ruines sur ruines et voiles étalés, on chante, on rit, le jeu, les jeux, on voit la nuit et les éclats tirent et mentent, un éclat, un rire un mensonge, une obsession, le jour viendra et on ira, on ira à l’oubli, aux murs bâtis, aux pierres

vives, le tranchant et la main, la soif et la raison, on ira et on dit des paroles sur les actes, des pincements, cœur fendu, reste ignoré, les illusions, dans l’enclos les animaux tournent et tout, ce tout, recommence, on tourne au dehors et au-dedans, on creuse et pour voir et pour évacuer, sans 

hésiter, sans trembler, sans prononcer, plus de noms, plus d’erreurs, la guerre, le charnier, les outils déposés, bannières oubliées, et lames, lames, tout, ce tout tranche, tranchera, on ira, on ira, au long, au long, visiter une agonie, on ira voir la peur et ses cortèges et pour la première fois

l’âme impétueuse se glacera d’effroi, ils ont, ils ont peur et ils le méritent, tout trembler, tout jeter, et finir lentement, lentement, une très longue et très solitaire agonie, en tremblant, et contempler des choses, des figues sèches qui gonflent un jour de pluie, oh, la charmante chose, partir, courir tenir 

et vague, vague tu erres d’un point à l’autre et ce tout te tourne et autour et te cercle, tu affirmes et tu combles, un panier et on ira, on ira effacer les marques et le tout à dire, les marques, les signes, les pas sur le sable, le vent souffle, vague, vague, des histoires sans fin, d’espérance et de soif, 

de guerres et de rancunes, sans vengeance, les idiots sont à l’ouvrage, le jeu, les jeux, on voit la nuit et les éclats tirent et mentent, pour la première fois l’âme impétueuse se glacera d’effroi, oh, la charmante chose, tout transformer, l’horizon, la chance, la compassion, l’oubli ira aux murs, 

aux pierres vives.

12 Août 2014.