vendredi 15 décembre 2017

Le grain de raisin ...

Le grain de raisin bleuit sous les feuilles, l’été tourne. Le temps, les soupçons, la vie et les regrets, suivent. La course immobile, dans les champs de souffrance et de partage inonde le rêveur de gouttes d’or et de soucis. La parole blesse la bouche du marcheur que pousse l’espoir de voir une voie ouverte, qui l’accueille. La fuite du merveilleux dans l’efficace affirme une victoire qui ne vient pas. Le pied racle sur un chemin de brumes. Le renoncement enfante le calme et le repos. Tout ce qui est tu, affiche le retour de la colère et confronte les parleurs à leur difficile voyage vers l’ambition qui noie le marin dans la saumure. L’amertume du jour dans la mare où les abeilles flottent, l’abreuve de courage. Le chemin ouvre au danger. Le recours à l’insulte, à la demande de vérité et de clarté achève le carnage. Les oiseaux glissent dans leur chant la candeur et la finesse. Les escarbilles de la vie brûlent ce chemin de repentir, freinent le retour de la réalité, un duel balafre la joue et la peau de celui qui marche vers le haut. Le ruisseau de miséricorde approche la patience et nourrit de fécondes aspérités. Serrées comme des fleurs de jasmin, les ronces coupent la lumière en éclats sensibles et verts d’obscurité. Le drap noir où l’on s’enroule sème le trouble et la frayeur sur le visage des heureux qui sèchent au soleil. Les cordons où pendent les trésors plient sous un poids de langueur. L’écheveau des fils de méduse dévoile l’absurdité qui par ruse, mord de colère et de peur le plus aimé. L’éternité se bague de corail et de roses. Dans le chaud et l’acide, la peau se déchire et le clair du corps refuse les cratères de joie et de possible. Le sale et le propre, visionnent dans un soupir la crainte et la certitude, le réel se démasque et fait trembler de froid et de honte le plus accessible dans ce qui ne se comprend plus et bouillonne dans la mare. Le pied est élastique, une membrane de poussière protège le réseau de veines. Les cailloux suivent le regard de qui cherche la fleur délicate du fil du désir. Le temps perdu semé d’odeurs oubliées dévale le chemin de sable et de ramure, la chanson du départ dans la bouche du mordu, affole un instant le visage de celui qui transpire dans le choc de deux rochers de mousse et de limon qui figent dans leur poids le retour de l’enfance et du pardon. Le vent de la jeunesse souffle sur les coins de cette histoire. Le rocher de mousse se couvre d’insectes. Sous le ciel le feu dénude. La vie se reconstruit, le temps et l’orage fécondent le plaisir et la crainte, les ambitions se clament. Le plus beau est encore à venir. Un lézard coincé dans l’arrosoir est sorti en boitant poussé par le jet d’eau, sa blessure en fait un combattant du plaisir face à l’angoisse et au reproche. La vie avance, le jour sera plus beau demain, un départ pour la joie et l’éternité.

27 Juillet 2004.

jeudi 14 décembre 2017

Le jardin retourné

Le jardin retourné, la maison relavée, le dos s’effondre dans la courbature, l’eau coule sur la peau au pli du coude. Travailler à faire et défaire la lune, le torrent, les larmes et la vue, le fil des jours et les oracles, les saisons, la liberté et la fidélité. Entendre, les oiseaux se balancer dans l’arbre, la vie chanter. Le bateau avance vers son nid, cap à la brume, cet été la chaleur se porte comme une laine au soleil de janvier. La liberté se promène dans le soir, étouffée d’insectes, ils sont imprécis et en retard sur le programme du jour. L’amour s’entretient dans la chaleur constante du sérail. Les vents jalousent la sonorité des vases, urnes que l’on transporte vides. Le rêve fera éclore une forêt de bambous et pampres complices, amours nocturnes et tendres secrets voguent sur la rame d’une galère que perd son poids d’or et de plumes. La cérémonie accorde les deux qui prévoient sans limite une éternité sans honte et sans pudeur. Le temps viendra bien, cela est certitude, ou des enfants joueront sur ce coin du monde, sous le regard des planètes et des étoiles, de l’oubli et du commencement.

Remets à l’éternel ton souhait de vengeance sur la vie et le temps qui fuit sans se poser. Ils seront là dans ton âge d’aveugle, de boiteux, de perclus et d’os cassant. Ils te diront les choses évidentes du refus et de la répression du monde si vieux et de leurs jeunes forces et tu diras lisez les vieux, heureux le pays couronné de montagnes, l’enfance y fait au sommet le sacrifice de jeunes forces. Montagne ou plat pays au bord de la mer, larme de sel et crins de taureaux volent dans le vent, sur le poids du cheval en course vers la grâce, face au danger de la mer qui recule et ne revient plus. Ils sont déjà présents, ces enfants de la lune et du soleil, ils chantent en canon, ces croqueurs de noisettes, ils sifflent comme les oiseaux sous les fenêtres, ils songent en passant à la vie qui s’en va et aux anciens qui abandonnent. Le passage de la force vers la sagesse accompagne la beauté en nage sur cette charge de plaisir et d’abandon, de renoncement et d’acceptation, de rêve de jeunesse et de faiblesse qui pointe et qui à chaque rêve enferme le plus menu dans la ronde des peurs et des regrets.

Acceptons ce futur d’enfants et de rires. Le visage des remuants abrite une étincelle, un brandon pour luire dans les ténèbres, dans la clarté obscure de l’éveil, dans l’attente et l’espérance, confions nos forces aux autres ceux qui se lèvent après et plus tard, mais chaque jour aussi tôt. Les beaux enfants sous les fenêtres, chantent le cri des oiseaux qui se rappellent dans les branches. Un jour de calme et de sagesse, ils seront là, dans la chambre des saisons, ils verront se défaire ces hommes vieux qui auront cru tout donner. La fuite s’invente et la respiration inonde ces corps qui ne sont presque rien. La vengeance est une évidence, les enfants seront perdus dans le vieil homme qui aux lèvres et dans le cœur a la loi et les vieux textes, dans les yeux la passion brisée qui rend gorge sur l’autel des regrets et de la prière.

Ne rien faire et rien dire, rester posé sur ce coin du monde et voir venir du trouble et du carnage, des rames sur l’eau et des coureurs qui grimpent vers le bleu du ciel et les orages. Le vent de la fureur et l’émoi de la brise franchissent la cote vers ces grains de poussière, ce coin du monde où on apprend à courir, on apprend que le regard est circulaire et la terre ronde.

23 Juillet 2004.
































mercredi 13 décembre 2017

Vivre dans l’ordre ...

Vivre dans l’ordre, la formule plonge le minerai au feu. Dans la poussière d’ange, des papillons de braise transportent deux bienheureux, ils passent tous les âges et fredonnent, la passion du monde inonde leurs yeux d’étoiles et de langueur.

La fidélité répand le regret, et tremble dans le soir. Le vertueux et l’incompris se désolent sur l’herbe, leurs cœurs sensibles se dilatent, leur vitalité d’enfants décide qui du premier ou du second sera le roi du jour. Les genoux tremblent, les langues vacillent et les dents font saigner une chair trop ferme et si peu offerte, sans véritable plaisir et sans abandon aucun. Dire la vérité sur un calvaire, vivre sans ardeur et sans gaieté, un regard les dérange et justifie leur plainte, ces yeux sont des cailloux qui lapident un trésor. A vivre sans trembler de froid et de désir, la corde s’use et la joie s’enfuit. Les oiseaux dans les branches se posent quelques questions, faut il laisser aller la gorge au penchant de l’aube, faut il envoyer le soin de la saison aux sages de la rive et déposer son cœur dans une bulle de savon, faut il danser sans fin dans la douleur du monde sur le volcan éteint de la gloire des morts ?

Les sages chantent dans les branches. Dans la forêt, dans son ombre naissent les douleurs et l’effroi. A l’aube dans ce bastion de branches et de roseaux, un sacrifice étrange, une mouette et un corbeau. La mort et le repos, le blanc des oiseaux et le noir des monstres face aux questions, le beau est-il une nécessité, une folle espérance, une vue dans l’esprit.

La réponse dans le vol des oiseaux et les méandres des serpents, le milieu de la vie, le tournant, le gué, la fontaine, le rire tendre et sûr de qui se moque des orages et des insultes. La fin de la vie se rapproche et le tablier blanc jaunit et flétrit dans le sac obscur, la lumière n’a pas reconnu les ténèbres et le passeur de branches en branches appelle les oiseaux. Le vide dit l’espoir.

21 Juillet 2004.







mardi 12 décembre 2017

Où est la joie ...

Où est la joie, la gravité serre le monde.

Le plus beau est parti, le silence explose. Le combat cesse faute d’histoires à dire. 
 
Les mouches se posent sur la peau. Le soleil se cache.

21 Juillet 2004.

lundi 11 décembre 2017

Sans fards ...

Sans fards et sans nuages, le jour avance, la mémoire de dos fait une grimace de plaisir. La main gratte la peau, la jambe donne du vertige à la volupté. La vérité enfonce le pied à chaque pas, l’été enfante une figure. L’absence remonte les murs en brisant la lumière, des enfants lancent des pierres. La vie avale dans le noir un serpent qui pleure et mélange l’instant et l’éternité, dans la clarté, sur l’herbe.

Celui qui se lamente, pleure à midi. Une goutte, tache de noir un pli et glisse du jour entre les taches de ciel. Son torse en exil, une main le flatte. Ce mouvement étend son ombre sur le mur. La peau se fige dans l’espérance. La silhouette ouvre les bras. La suite est à venir dans la gloire. Assis le nez dans l’étoile, la lueur clignote d’une rive à l’autre. Du murmure de la source, rien n’est à dire, sinon le secret.

Au bord de l’eau, dorment les chevaux. Ils tirent le raisin de l’oubli. Les enfants lancent leur jouet dans les branches du figuier. Dans un jet de dentelle, la musique donne des frissons à la dignité. Le ciseau détend le poids de la sève, un fil claque et de l’air flaire le soleil. Le rieur rie de tout et arpente le plaisir, il mord le jour et lèche la joue, fait le voyage du sein au creux de l’épaule. Le vide encercle les genoux.
Le choc de la peau sur le sable est une affirmation. Les animaux vont la nuit sur la terrasse et s’écrasent dans les plis de la fenêtre. L’amour s’effleure de frissons, de souffles sur les adieux. Aux limites de la vie, pleurent l’attente et le désir de clarté. La comédie chante dans le ciel des rêves, le souvenir tranche la peau, la vie sort de cette brèche. La vérité se loge au genou de l’homme ce matin. Vous sommeillez et le soleil se lève !

20 Juillet 2004.

dimanche 10 décembre 2017

Qu’il ...

Qu’il se gorge d’épices et de ciel, entende le cœur d’une sirène saigner sous la pluie, protège le vent de la première des peurs et sans trêve chasse l’infini.

19 Juillet 2004.

samedi 9 décembre 2017

La fureur commence.

Les frissons enlacent la berge. Dans une saison le beau temps reviendra bercer l’effort qui oblige et fatigue. Le chemin est marqué de vagues rayures et de taches de sang. Le matin est achevé dans une odeur de poudre et de vin cuit. Les pauvres sont venus et partis depuis peu, l’ivresse de la nuit a figé le jour. Ils reviendront dans cette fête d’abandons effrayer les plus braves et les plus acharnés. Retournez vous et sur la rive voyez, dans les fleurs dorées, les hommes noirs avancer et faire pleurer les pattes des bêtes qui se vengent et remuent dans leurs yeux le souvenir du monde.

La peur et l’ignorance affûtent le jour.

Dans l’air se fonde le jour à venir. Les oiseaux se cachent. Il est un secret noir, l’amertume irrite les nerfs et fatigue les yeux, la lumière pose la chaleur du drame. Le clair du matin annonce la torture à venir sans fin et sans espoir. La pointe d’un couteau se tend, je dis à la face du monde, le soleil tombe dans cette cour et vous dormez sans savoir. Le poids de l’or vagabonde et attise le désir de vivre vite. La difficulté aiguillonne et enivre. Le fer dans la plaie attise la vigueur et lance la vie à pleine main.

19 Juillet 2004.