lundi 23 octobre 2017

Sans titre, Janvier 2004.

Je veillerai sur toi, enchanteur, sur un pied meurtri du sol qui se dérobe. Le vent souffle sur ton bras le froid du matin. La vie te bouscule, une épreuve te renouvelle et gratte pour longtemps ton cœur qui frémit.

Le frisson du réveil pique et durcit la peau de ton orteil. Il faut délivrer cet attachement aux membres qui te portent et libérer l’appui qui te lie au monde entier. Je veillerai sur toi, marcheur qui défile et mord à pleines dents la bouche de celui qui refuse et esquive la caresse et le coup. Le plateau qui te porte t’arrache à chaque pas un cri de douleur et de plaisir qui mêle la vie et le détachement, le combat et le repos. Le sacrifice qui s’impose annonce une passion nouvelle et harassante qui arrachera de ta terre un mélange de métaux et de gravats, il faut abandonner l’acide et le bronze qui te lestent.

Je veillerai sur toi, faiseur d’or et de miracles, qui balbutie et fascine et séduit, le ton est d’empire et de roi. Une cohorte te suit et admire la canne de Moïse, le sceptre de Pharaon. Sur ta droite et ta gauche, à tes flancs je serai là, et je te soutiendrai, nous compterons encore, toujours, et pour longtemps les étoiles qui filent, la grande ardeur et les espoirs qui se réalisent. Il faut continuer et tenir fort le chemin de la vie.

Janvier 2004.






















dimanche 22 octobre 2017

La nappe …

La nappe étendue prolonge le festin.

Sans conditions, ni remords il faut finir le plaisir. L’essentiel est dans la construction. La pluie bouche l’horizon, rallonge la route et tend l’angoisse de celui qui prend les armes et se tourne sur le passé, la voix brisée de larmes, sur sa vie dans les fossés d’un théâtre d’infortune, la vie l’ignore et ne dit rien.

La main tremble sur le cou des animaux hantés, la volonté heurte la bouche, les ombres effrayent les enfants. La joue se tend et retient le vert des branches ramassées dans un coin de la terre, là ou le vent du soir étale les cheveux, il maraude. Le sable chante le retour de l’été, de l’ardeur et de ceux qui s’épouvantent d’un rien.

Sur la mer, il y a les mots à caresser avec les ombres de ceux qui sont partis enfanter au loin. Leurs regards se reflètent sur les eaux dans le vide, et cernent les marins qui boivent le sel de la fureur, battus par l’oubli. Il palpite le cœur qui commence, qui finit les choses dans le bruit, qui mord dans la joue de la vie, recueille encore les larmes et les rires de l’enfance et pose au feu, l'ivoire calcinée. La chair tend la soie et la dentelle des assassins, ils pleurent jour et nuit. Il faut boire à la source ce rang de perles et de fruits, des rayons l'entourent de sable couleur de cheveux, la nuit le réveille et le matin le fuit.

Les escaliers mènent le regard de ceux qui aiment. Ils tournent à l’endroit où la mer se retire et font jaillir un rire de sueur qui éclaire leurs vies. Il faut tourner sur le chemin qui va de l'ardeur au trépas et dire en se cachant de la foule, le verrou est fermé, la clef est jetée, le retour est incertain, le soulier se coince entre les galets et les joncs.


29 Décembre 2003, 8 Février 2005, 21 Octobre 2017.

samedi 21 octobre 2017

Ils.


Ils courent dans les rues, les enfants du monde, demandent justice et desserts. Ils volent vers les autres, feux d’amour et d’impatience, et ignorent qu’il faut réfléchir. Ils hantent des coins qui ne meurent jamais.

Ils rient et bousculent les couloirs de l’école, rampent et gâchent le savoir qui rompt l’animal. Ils rient et bousculent, feux d’amour et d’impatience. Ils hantent les couloirs de l’école, gâchent la justice et rampent pour les desserts.

Ils volent le savoir qui rompt l’animal, et ignorent les autres. Ils demandent : ne meurt jamais, ils courent et il faut réfléchir.

29 Octobre 2003.






vendredi 20 octobre 2017

La pluie qui vient ...


La pluie qui vient sèche les morts, ils veilleront sur notre lit.

Elle lance des gerbes de fer sur les vitres qui se salissent, les grenouilles, petites reines, cheminent le soir vers un réveillon d’insectes. La pluie qui les harcèle agite les fleurs, elles restent dans ce jardin en déséquilibre, l’orage le saccage. Les murs, les plantes de la maison et du dehors disent le temps, il passe, et tu le retiens, sans résultat. La colère et la force gaspillées en lieu de guerre et de conquête . L’éclat de tes envies, le grain de fou qui m’emprisonne ne sont rien contre le vent et la marée, la lune monte et descend, le soleil brûle, le chien noir hurle la nuit venue.

Je crie, je mens et tu me mords beaucoup. Que faire pour cacher les rancunes et les voluptés de feu et de glace, lourd chemin de croix sur la volonté. Le mur et les plantes sous la couverture sont un enchantement. Nos relations sont un jeu de naissance et de goût. Il est un vent d’angoisse qui appelle la mort et les cailloux, le sable et le vin des plantes arrachées. Le cri : perce nos adieux, il est un voile, gel sur un volcan, avalanches de grains jetés et de fleurs arrachées au jardin, il pique les mains et les pieds bousculés dans un lit de feu.

Ton rêve est le gardien de notre vie que tu forces. Il y a loin de ton ardeur à tous les rêves, les plans tenus et affichés, les abandons et les secrets. Le temps passe et freine les objets, la surprise de l’été.

L’amour est là, volcan que tu embrases sans cesse et sans retenue, tu cries, je meurs et tu sanglotes dans un éclair de soie dorée, qui enveloppe tant de choses, des plus graves aux plus aérées. Ta vie et la mienne se gênent et se complètent, je vole toujours quelque chose et tu me caches le temps qui passe et s’enrobe au rouge du plaisir. Le rien qui ne se dit jamais est une force. Succomber, être surpris sur la route par des nuées d’insectes que l’on claque dans les mains et sur le front, les membres durs, la langue pendante avec un fil de salive qui glisse dans l’obscurité de l’étrange duel qui se prolonge à l’horizon.

Tout cela est un jeu à finir dans le sang de la légende des deux qui s’aiment et s’enchantent, aveugles, sourds et muets, longtemps. La vie révèle la clarté du jour qui suit encore le jour suivant, qui se prolonge et palpite dans ce jardin en déséquilibre, sur ces murs, sous ces plantes, ces herbes et ces fleurs que l’on arrache et que l’on brûle une année de plus.

Au salut, ton arc est absent de raison, chanson dans les églises les jours de noces. Le vertige brille dans tes yeux gris et bleus de pervenche et de furie.

28 Octobre 2003.


























jeudi 19 octobre 2017

Sans titre, 28 Octobre 2003.

Sa joie attise la vie qui bouillonne. Il est un conquérant qui se saoule de gloire, et parle fort à aveugler les chiens et les oiseaux. Sa foi est un vœu de constante gaieté. Il est toujours parti sur les brumes du monde, et ramène des chats avec peine écorchés. Sa force m’enchante et me fatigue aussi. Il est le vent du nord qui souffle tout un mois, et son ardeur cache mal sa vraie mélancolie.

28 Octobre 2003.

mercredi 18 octobre 2017

Un fossé d’eau de pluie.

Il passe loin de la route, ce pays qui choisit la brume pour veiller le repos des rives, mordues de soleil dans un lit sans défaut. Les enfants portent sur le torse la corne des taureaux, pointe de noir et d’amour mêlés sur la pervenche des yeux rayés de pleurs. La vie se dilate dans la plainte qui lève haut le front des animaux, un appel à la conquête, plus haut que la corne, s’enfonce dans un flanc offert. La plaie est vive et rouge, son odeur incite au plaisir et à l’immortalité.

Le rêve de lune traverse le ciel noir, cette nuit reste un mystère. Une fleur dans la bouche et dans le dos, les enfants filent. Le courant d’air sous la porte donne à ceux qui passent un reste de l’amour qui l'a mis au monde. Entouré de perles et de miel, le regard est un éclair qui assouvit la soif, il se presse dans la boue du marais, dans le clapotement d’une eau salie que la terre refuse et qui reste longtemps après la pluie. L’instant, le rire, le partage fatiguent ceux qui boivent le lait de la patience et mangent le sel de la route. Leurs mères les enferment pour appendre à user du jour, pour écouter le soir. Des baisers cajolent les trésors qui rient de confusion.

La déraison est un abri pour l’âme des héros. Ils sont revenus forts des rives, ces hommes de passage qui mangent des raisins et crachent en l’air les pépins et la peau. Leurs vêtements noirs, la fièvre qui désole, les rêves de grandeur, les deuils les emprisonnent. La révolte des passants lance une malédiction, la route boit les restes de la pluie tombée trop tard, c’est un aveu qui cache la vérité. Il faut refuser le cours des choses et craindre le retour des vanités.

Les herbes se dessèchent sur la route, la joue que l’on offre est un combat perdu sans le battre. Il est un temps terrible, celui de la confusion qui vole le droit du vrai et du sincère, les maisons se privent de l’oubli. Les cailloux du ciel brillent comme des âmes tristes, ils font sans le vouloir un mur, une barrière de courage, un fossé d’eau de pluie qui protège du vent.

27 Octobre 2003.

mardi 17 octobre 2017

Automne III, III/III.









Automne III.
Automne égoutté.

On découvre la trotteuse derrière les aiguilles, les enfants jouent dans la rue, au gymnase deux athlètes ajustent une ceinture de force.

L’aiguille dans le creux de la main, il jure sa revanche. Un gouffre noir diffuse l’ardeur, les secrets de famille. Les petites mains percent les yeux et les oreilles d’un fou. Il a envie de mordre et décroche la pendule qui pend sous la voûte. Le tic et le tac disent fort les rêves d’un été chaud et d’un automne frais. Hiver coloré de pommes tombées des arbres sans feuilles, leurs veines noires fripées dans l’eau qui s’évapore. Le balancier tenu par un fil blanc chante sur le sable. La trotteuse reproche aux enfants leurs mains et leurs pieds, un rayon bleu de lune les pousse à leur commencement. Il faut la vie qui cherche, et des liens qui sacrent.

Le cidre égoutté en petits jets coupés en biais.

Il flotte un parfum de poudre, germe au soleil un arbre de pierres et de planches. La berge se colore de chiens et de chats qui grattent sous les branches. La poitrine brûle. Dans un désert de cendres et de saveurs, l’amour est enterré, le sol se fend. Les oiseaux piquent à deux au murmure de la source, un nœud serre le cœur des choses. Ils pleurent dans les mouchoirs et les langes, ces enfants cherchent leurs aiguilles dans le panier versé et l’escalier qui tourne. Le papier se froisse, le vert de la muraille est encore à sécher, la clef troue la porte, le bruit des moineaux effleure un vieil homme avec son sac de malice, de vengeance et de peur. Cette journée est le point de chute qui de l’enfance fait un pays à gagner et une extase, elle affranchit les remous.

De pauvres personnes chantent, dans le soir, l’été est bien fini, une longue pression serre la voix et gratte le fond, un petit cœur bondit sur l’ombre d’un roi à venir. Le sacre est un gage de joie. Les enfants courent dans la rue et cherchent les aiguilles du temps, la virgule après le mot qui couvre le vrai et le rêve. Le chien est une apparition qui de miracle vire ordinaire, la peur lance des injures au delà des moulins. La vie tourne, toujours à inventer, dans les caniveaux secs que le vent glace et lustre tour à tour. L’aiguille se tend bien sur la branche.

Les éclats, de sourire et de paroles, entourent le chercheur d’un voile de chaleur, percent les yeux et les oreilles, la vie des autres est une affaire obscure. Ils se regardent droit dans l’œil et sur la bouche, ces enfants aux corps enlacés.

27 Octobre 2003.